Comme l’écrivait Georg Wilhelm Friedrich Hegel 1807, dans Phénoménologie de l’Esprit : « La vérité n’est pas une monnaie frappée, qui peut être fournie toute faite et qu’on peut empocher comme ça ».
La littérature
La littérature corrige les défauts du langage parlé et participe de manière importante au développement du sens des nuances, qui est une des caractéristiques essentielles de la vérité.
En art, il n’y a pas de problème ou de situation dont une œuvre d’art ne soit pas la suffisante solution, car les plus grandes d’entre elles, les chefs d’œuvres, ont pour composantes les invariants de la nature humaine.
Certes la littérature ne permet pas de marcher physiquement mais nous fait respirer et voyager mentalement en étant également capable de passer et tuer le temps.
Le romancier italien Italo Calvino nous montre que la littérature nous enseigne des choses irremplaçables:
- la façon de regarder son prochain et soi-même,
- attribuer de la valeur aux invariants de la nature humaine,
- trouver les proportions justes de la vie,
- la place de l’amour et de la mort.
La littérature nous instruit en nous faisant plaisir, elle est un vaccin mental contre les vices de la nature humaine, tout en nous permettant également de devenir plus sincères, meilleurs et justes.

Les grand artistes
Les grand artistes et créateurs sont des hommes et des femmes dont la fonction est de nous aider à lire, entendre, comprendre, voir ce que les autres humains ne perçoivent pas consciemment.
A fur et à mesure que les artistes nous parlent dans leurs œuvres, des nuances subtiles d’émotions et de pensées nous apparaissent, semblables à une image photographique qui n’a pas encore été plongée dans le bain révélateur où elle va apparaître.
L’art et les artistes, et leurs œuvres décodées sont des révélateurs des vérités, qualités et défauts de la nature humaine.
Face aux nouveaux médias et au cinéma, la littérature n’est plus la seule à donner une forme à l’expérience humaine. Elle reste tout de même aujourd’hui une clé essentielle pour nous comprendre nous-mêmes et les autres.
Malheureusement la forte baisse du niveau culture générale de nos jours est à l’origine de beaucoup d’erreurs et de problèmes de communication. La paupérisation du langage a pour conséquence directe la progression de la violence de notre monde contemporain.
La littérature par son analyse des relations humaines est la matrice qui fonde les croyances, les émotions, l’imagination et l’action.
« Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a toujours une phrase écrite qui nous donnera le goût de vivre » Georges Perros.
Robert Musil, Ingénieur autrichien, dans ses Essais de 1918 attribue aussi à la littérature le domaine des valeurs, des évaluations, des relations éthiques et esthétiques, et enfin le domaine de l’idée.
La seule fin de la littérature est de rendre les lecteurs capables de mieux jouir de la vie et de mieux la supporter.
La culture
La culture à travers les arts est simplement ce qui rend la vie digne d’être vécue.
La culture, comprise et décodée, déchire le rideau des idées reçues et le discours des savants de la veille comme les appelait Henri Laborit.
Elle nettoie des conformismes, peut ruiner la bonne conscience et la mauvaise foi ; elle résiste à la bêtise, elle émancipe, elle nous rend plus sensibles et assez souvent meilleurs.
La culture, la littérature, peinture et musique sont des exercices de pensée et une expérimentation des possibles.
Elles nous aident à installer le doute, l’ambiguïté, l’interrogation et nous permettent de devenir ce que nous sommes comme l’écrivait le poète antique grec Pindare repris par Nietzche dans Ainsi parlait Zarathoustra.
La culture c’est le mode d’emploi de notre vie transmise au fil des siècles par nos prédécesseurs pour ceux qui veulent prendre la peine de s’y intéresser.


