Le 20e siècle
L’usage du mot coaching est apparu en France et en Europe au milieu des années 1990, en provenance d’Amérique du Nord.
Le coaching plonge ses racines dans:
- La cybernétique – à partir de 1942
- L’école de Palo Alto – à partir de 1953
- Le New Age – à partir de 1961 à l’Institut Esalen en Californie,
- L’observation de thérapeutes :
- Milton Erickson (1901-1980), psychiatre et psychologue américain
- Virginia Satir (1916-1988), psychothérapeute américaine
- Fritz Perls (1893-1970), psychiatre et psychothérapeute allemand
- Carl Rogers (1902-1987), psychologue humaniste américain
Le mot désigne tout d’abord un processus pédagogique d’apprentissage.
Les précurseurs de cette approche, W. Timothy Gallwey ( pionnier de la psychologie du sport) et John Whitmore (pilote automobile britannique) tous les deux également auteurs, ont décrit leurs méthodes d’accompagnement spécifique dans le monde du sport dès les années 1980 en évoquant « the inner game ».
The inner game
Le jeu intérieur repose sur le constat de Gallwey qu’il existe en chacun de nous ce qu’il appelle un Moi 1 et un Moi 2.
- Le Moi 1 est la voix qui, en nous, alimente notre dialogue intérieur. Elle porte des jugements, nous lance des défis, donne des ordres, cherche à contrôler et engendre des doutes. C’est une construction mentale alimentée par nos pensées et nos émotions. C’est le moi inventé.
- Le Moi 2 incarne tout notre potentiel, nos aptitudes, nos capacités – employées ou non. C’est le Moi qui s’exprime depuis l’enfance et, selon Gallwey, l’être humain lui-même. C’est le moi inné.

La distinction entre le Moi 1 et le Moi 2 est essentielle pour comprendre les interférences psychiques. Lorsque l’environnement intérieur de l’individu est dominé par le jugement, le contrôle excessif et les doutes du Moi 1, il en résulte une perte de confiance du Moi 2 qui entrave la performance. Ceci engendre un conflit intérieur et une perte de concentration.
L’approche de l’apprentissage de Gallwey est basée sur trois principes : conscience neutre, confiance et choix.
Ce qu’il faut retenir:
Le coach ne donne pas de conseils et n’a pas besoin de connaître tous les détails du problème. Il pénètre « en douce » dans le processus de pensée et stimule la mobilité du coaché pour le faire progresser vers le résultat souhaité.
Les origines
Le terme coach est anglais. Il est tiré du mot français cocher, lequel provient du hongrois Kocsis, qui lui-même signifie diligence. Au XVème siècle c’était une voiture de transport de voyageurs tirée par des chevaux et conduite par un « cocher ».

Le cocher ne choisit ni ses passagers ni la destination de ces derniers. Son intervention consiste uniquement à aider les voyageurs à atteindre la destination qu’ils se sont fixés. On retrouve bien la philosophie du coaching dans l’étymologie du mot.
Le terme a traversé l’Atlantique une fois et il nous est revenu sous sa forme américaine. Il n’est pas toujours facile de traduire littéralement ce mot. Pour le verbe “ to coach ”, on retrouve les notions de préparer, motiver, accompagner, voire entraîner (à ne pas confondre avec le verbe “ to train ” qui signifie former).
Il y un autre mot qui , comme coaching, n’est pas traduit dans le langage courant de l’entreprise. Il s’agit de management (issu du vieux mot français « manège ») : art de conduire son activité avec la même maîtrise et efficacité que la dextérité du cavalier menant son cheval.
La maïeutique
Socrate progresse dans Les Dialogues de Platon avec des questions binaires et fermées : oui/ non, d’accord ou pas d’accord, etc. La démarche de Socrate n’est pas un échange mais un accouchement.
« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien, tandis que les autres croient savoir ce qu’ils ne savent pas »
Le coaching de nos jours
Le coaching est un métier à part entière.
C’est un accompagnement personnalisé et structuré. Il permet d’améliorer les compétences et la performance d’un individu, d’un groupe ou d’une organisation.
Le client, par la construction de ses échanges avec le coach, peut trouver sa solution grâce à ses propres ressources, celle qui sera la plus adaptée à ses capacités, ses enjeux ou à sa situation.
A long terme le coaching doit permettre à celui qui est coaché de devenir autonome et responsable, c’est-à-dire trouver en soi les réponses aux diverses situations.
Nous ne trouvons pas dans un contexte d’aide, ce qui signifierait par là d’être dans le soutien, le réconfort, la protection. Il s’agit bien d’accompagner et de guider.
L’objectif d’un coaching : la personne prend conscience de son potentiel, retrouve confiance en elle et a une meilleure image d’elle-même.
La notion de « coaching », manquant de contours légaux, peut être utilisée par certains sans réelle compétence. C’est la raison pour laquelle il est impératif que ce métier soit encadré et que les coachs aient une véritable éthique et respectent la déontologie des coachs.
« Le coaching se doit aux hommes, à la réussite de leur évolution, à leur performance, à la seule place qui leur revient dans les systèmes et les organisations du monde qui est le nôtre, le centre »
Les compétences clés d’un coach
Il est important que le coach sache bien communiquer et écouter pour créer la relation. Une bonne connaissance de la psychologie humaine et des mécanismes du cerveau lui permettons tout d’abord à bien se connaitre et puis comprendre mieux son client.
Un bon sens d’observation, d’adaptation et d’analyse, et l’art de poser des questions l’aideront également à bien faire progresser le coaché.
Bien sûr, il y a la congruence, la patience, la bienveillance, l’humilité et la confidentialité.
Une autre qualité fondamentale du coach, c’est l’empathie. Sa capacité à se mettre à la place du coaché, entrer dans son mode de pensée et de sa vision du monde. Cependant, il faut bien faire attention.
L’empathie, qui signifie je ressens comme mienne la douleur de l’autre, peut-être un véritable biais, un simple miroir des émotions d’autrui. Si on analyse un peu sérieusement les choses, on ne peut pas concrètement se mettre à la place de l’autre, d’un tiers ou d’inconnus, car cette place est déjà occupée par eux !
En se mettant à la place de l’autre on constate que l’émotion l’emporte sur la raison. Une froide compassion est peut-être préférable à l’empathie, parce que l’empathie est biaisée en faveur de nos semblables.
Le coach ne donne pas de solutions toute faites à son client. Le client est le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour lui.
Dans la manière de formuler les choses, il est tout fait possible de recommander, de partager son point de vue, mais jamais dire « Il faut faire comma ça! ».
« Aucune connaissance contenue dans un livre n’habilite une personne à décider pour une autre. Cela vaut pour les décisions de la vie et pour le style de vie aussi bien que, moment par moment, pour décider de quoi une personne va parler, ce qu’elle va sentir intérieurement et ce dont elle va choisir de débattre.
Une autre personne peut anticiper, mais, ultimement, la croissance personnelle va de l’intérieur vers l’extérieur. Un processus de changement commence à l’intérieur et se déplace dans des directions que même l’esprit de la personne ne peut diriger, encore moins l’esprit d’une autre.»
E.T. Gendlin (Focusing)


