Vers la réhabilitation du cerveau droit dans le fonctionnement des entreprises

Nous assistons aujourd’hui au changement des modes de pensée du fonctionnement des entreprises. A travers les enquêtes qui ont été menées auprès des jeunes diplômé(e)s depuis 2017 par APEC, Hays et Accenture Strategy, entre autres, voici ce qu’est important de retenir :

Tout d’abord, il en ressort que, sorti des écoles, seul un jeune diplômé sur 4 souhaite travailler dans une grande entreprise. Les PME donnent une image positive de par ces structures dynamiques, avec une qualité de vie meilleure.

Dans un article du Monde, l’associé de Neoxia, Jean-Baptiste Paccoud, témoigne : « Nous séduisons aujourd’hui les jeunes diplômés avec ce qu’une grande boîte n’est pas capable de leur donner : une entreprise à taille humaine avec un état d’esprit, une ambiance de travail, une organisation allégée de couches de management et de contrôle hiérarchique où ils se sentent plus libres. »

Les choix se portent aussi vers une dimension internationale, une ouverture vers le monde, c’est-à-dire pouvoir travailler dans une entreprise étrangère où on découvre d’autres cultures professionnelles et on évolue plus naturellement dans un contexte mondialisé.

Quant aux start-up, qui reposent sur « une idée de départ ingénieuse et un savoir-faire pointu », offrent l’intérêt des missions et des projets, où la hiérarchie est moins pesante, où la reconnaissance individuelle est plus forte, les dirigeants plus accessibles.

Et enfin, au bout de deux ans d’expérience dans ces petites structures qu’on pourrait appeler « à risque », car l’environnement est moins rassurant, un jeune sur 3 est alors motivé à l’idée de rejoindre une grande structure pour les évolutions possibles, la stabilité de l’emploi et la sécurité, la rémunération et les avantages souvent nettement supérieurs aux petites structures. Mais ce choix, d’après les enquêtes, se fait par défaut, c’est-à-dire sans passion.

Voici quelques mots clés qui définissent aujourd’hui ce que les jeunes diplômés souhaitent trouver dans un environnement professionnel:

Travail qui rime avec passion / Autonomie / Agilité / Ambiance décontractée / Horaires plus flexibles / Dirigeants plus accessibles / Bénéficier d’une expérience riche / Concurrence plus « saine » / Apporter de la valeur / Quête de sens et de valeur au travail / Epanouissement personnel / Bien-être / Qualité de vie / Convivialité / Reconnaissance individuelle / Sentiment d’être utile / Réalisation de soi / Partager ses valeurs

Changement dans le mode de fonctionnement cérébral 

Au 19e siècle, le neurologue Paul Broca a découvert, grâce à ces travaux sur l’aphasie, (perte total ou partiel du langage) que l’aire du langage « Aire Broca » se situe dans l’hémisphère gauche du cerveau. Depuis cette découverte et ce jusqu’à dans les année 30 (découverte de l’encéphalogramme), qui voit la réhabilitation du cerveau droit, notre société occidentale ne s’intéressait qu’à l’hémisphère gauche. On raisonne donc avec le cerveau gauche.

Quel est donc cet intérêt pour l’hémisphère gauche ?

Les travaux du neurobiologiste Roger Sperry (prix Nobel de Médecine en 1981) décrivent avec précision le rôle singulier de chaque hémisphère cérébral:

Le fonctionnement de l’hémisphère gauche se caractérise par l’analyse, langage, la parole, l’écriture, les chiffres, le raisonnement, le goût du détail et les sens du pratique, du concret et, du respect. Il s’appuie sur les preuves du passé et se rapport à l’objet.

Il manque, cependant, une complémentarité à ce fonctionnement, que l’on retrouve dans l’hémisphère droit du cerveau, qui se caractérise par la pensée sans langage, le rêve, l’imagination, l’intuition, la vision globale, la synthèse, sens du future, la relation à autrui et se rapport au sujet.

Nous connaissons tous plus ou moins, le mal-être moderne au travail, à travers l’environnement familial ou amical, dans les médias, etc. Cela se caractérise par :

L’investissement personnel au bon fonctionnement des entreprises au dépens de soi, de sa santé, de sa famille et se voir, en fin de compte, licencier après des années d’engagement. Cela conduit à la démotivation générale et dans certain cas plus grave, au suicide.

Les souffrances psychologiques telles que :

– Le burn-out (aboutissement final du stress et de l’épuisement psychique et physique. Les métiers les plus touchés : 24 % agriculteurs, 20 % chefs d’entreprise, artisans, commerçants, 19 % cadres)

– Le brown-out (baisse de tension psychique qui se caractérise par un désinvestissent face à l’absurdité des tâches à accomplir)

– Le bore-out  (épuisement professionnel par ennui, souvent comparé à la mise au placard, c’est l’absence des tâches signifiantes à accomplir)

Le stress, le mal-être dans l’entreprise ou les risques psychosociaux, dans le jargon des sociologues, a un coût réel : 1 salarié sur 9 est touché par un stress négatif sous une forme plus ou moins forte. Cela représente un coût direct pour la France : entre 2,5 et 3 milliards d’euros, soit un coût moyen de 13 500 euros annuels par salarié actif dans le pays.

Les entreprises qui font lutte contre le stress au travail et la promotion du mieux-être comme stratégie majeure de leur politique connaissent un impact positif, que ce soit sur l’environnement général au sein de leur organisation que ce soit sur le plan financier. Parce qu’il revient beaucoup plus cher à l’entreprise de gérer la crise que de mettre en place les moyens de la prévenir.

(Selon l’Institut Français de Veille Sanitaire, chaque euro dépensé pour prévenir le stress négatif et promouvoir la qualité de vie au travail permet à l’entreprise d’éviter d’en perdre 3 voire 5 !)

Quelques solutions pour améliorer la vie quotidienne au travail et retenir ses collaborateurs :

Tout d’abord, il faut proposer sur le temps de travail des réelles avantages et compensations à ces collaborateurs. Au-delà du salaire, le bien-être passe par les services que l’entreprise peut mettre en place : offrir des cours sur le développement personnel, organiser des conférences sur des sujets divers et variés en invitant des professionnels, continuer à former, investir dans une garderie, une salle de sport et de relaxation, et pour les grandes entreprises qui peuvent se le permettre, créer une conciergerie.

Aussi, les composantes essentielles du quotidien sont le management, l’organisation et la communication. Car là réside aussi la motivation. Manager ces équipes avec ouverture d’esprit et écoute, être disponible et établir une relation de confiance, avoir une connaissance profonde de la nature humaine ; organiser différemment les journées en apportant de la flexibilité dans les horaires, le télétravail, aménager le temps de réunions ; communiquer en prenant en compte que chaque individu est différent dans sa logique, sa façon de faire, d’agir et de se sentir, connaître les profils cérébraux de chacun car cela aide à déterminer la façon que nous travaillons et communiquons avec les autres.

Le professeur de l’Ecole de management de Normandie, Monsieur Lavissière, dans une tribune publiée sur le site “The Conversation” écrit : “Le principe est simple : plus un employé est heureux au travail, plus il est productif. DRH, dirigeants, si vous souhaitez améliorer la performance de votre organisation, cherchez donc à améliorer la satisfaction de vos collaborateurs”.

Donc, le constat est sans appel : le mode de fonctionnement au sein des entreprises ne doit plus, comme ce fut le cas les générations précédentes, évoluer dans un environnement strict, hiérarchisé, rigide, dénué de toute structure humaine. Rester dans une entreprise pendant des années, en attente d’évolution professionnelle et sociale n’est plus un facteur motivateur. Il n’y a plus que le travail et les résultats qui comptent, c’est le plaisir d’être là, l’environnement où se fait sentir la liberté, des rapports d’égalité et une qualité de vie pour s’épanouir, en étant moins stressé(e) pour laisser place à la productivité. C’est une génération tournée vers l’avenir, vers les autres, la coopération et l’épanouissement personnel. C’est la réhabilitation du cerveau droit dans notre société d’aujourd’hui.

© Cerveau et Communication 2019

 

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