Les incroyables bienfaits de la lecture sur le cerveau

Pour Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et neuro scientifique, lire rend plus intelligent. Tel est le sens de ses récentes découvertes sur l’apprentissage de la lecture dans notre cerveau.

Lire augmente l’espace de représentation du cerveau. La lecture nous plonge parfois dans un état que Marcel Proust a parfaitement décrit dans son ouvrage « Sur la lecture » : vous êtes absorbés pendant des heures si le livre est bon, le temps s’efface tandis que notre esprit est envahi d’images, de dialogues. Le lecteur est littéralement emporté dans l’esprit d’un autre.

Or, on sait aujourd’hui, sur le plan neuronal, qu’un réseau composé de différentes régions corticales appelé le réseau de théorie de l’esprit, qui correspond à la représentation que nous avons dans nos cerveaux de l’esprit désuets. Ce système est considérablement augmenté par la lecture de bons livres.

Grâce à cela, on découvre que notre cerveau est une formidable machine à s’adapter, à trier et à traiter l’information.

La lecture développe une aire de la forme visuelle des mots dans la région du cortex de l’hémisphère gauche.

La lecture n’est pas inscrite dans nos gênes, c’est un apprentissage récent dans l’histoire de l’humanité bâti à partir de la représentation sonore des mots, il y a seulement quelques milliers d’années. Cette zone de la lecture est la même pour tout le monde dans l’hémisphère gauche.

La lecture a des effets sur la santé physique et mentale: les travaux de Lewis ont montré que lire réduit le niveau de stress de 61 %, presque autant que la musique 68%.

Lire est plus qu’une simple distraction. Cela implique une participation active de l’imagination. En ressentant ce que vivent les personnages d’un livre, le cerveau vit des expériences vraies, étant comme nous le savons déjà, incapable de faire la différence entre l’imaginaire et la réalité.

La lecture enrichit l’expression orale, elle alimente aussi la qualité de compréhension du monde et des autres, ainsi que de leurs émotions et comportements.

Contrairement aux idées reçues, la lecture n’isole pas et n’éloigne pas de la réalité, c’est même l’inverse : 6 minutes de lecture dans le silence suffisent à ralentir le rythme cardiaque et à soulager certaines tensions. Elle aide le cerveau à se maintenir en forme et peut retarder les maladies neuro –  végétatives.

La lecture augmente sensiblement les arborisations des dendrites que nous fabriquons nous-mêmes.

Doit-on rappeler que le cerveau d’Albert Einstein, analysé post mortem, a révélé un taux de 73 % de dendrites de plus que le taux normal moyen.

© Cerveau et Communication 2019

 

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